A l’étranger
Rétrospective - Philippe de Champaigne (1602-1674)
Suisse, Genève, Musée Rath d’Art et d’Histoire (du 20 septembre 2007 au 13 janvier 2008)
Publié le samedi 1er septembre 2007
Philippe de Champaigne est, avec son contemporain Nicolas Poussin, une figure unique de la peinture française : sa renommée a franchi les frontières de son vivant et son oeuvre, qui représente sans doute l’expression la plus accomplie du classicisme français, a profondément orienté l’évolution de la peinture du 17e siècle.
Plusieurs tableaux de Philippe de champaigne compte parmi les chefs-d’oeuvre de l’art français du XVIIe siècle (L’Ex-voto de 1662 du musée du Louvre, Le Sommeil d’Elie du musée de Tessé au Mans...). Malgré cette situation de premier plan, l’oeuvre de l’artiste nous échappe encore. Pour quelles raisons ?

- Le sommeil d’Elie
- Philippe de Champaigne (c) Le Mans Musée de Tessé
Philippe de Champaigne a fait l’objet de nombreuses commandes privées et publiques, sans que son oeuvre connaisse la répercussion attendue. La plupart de ses oeuvres ont été réalisées pour des congrégations et des églises françaises, à la Révolution, beaucoup ont directement rejoint les musées. Quant aux nombreux portraits d’hommes illustres, ils sont souvent restés dans les collections de leurs descendants, rendant la diffusion de son oeuvre plus confidentielle.
Bien qu’ayant connu la renommée de son vivant, Philippe de Champaigne ne s’est pas inscrit dans les faits en prenant part à des événements ou des rencontres, comme ont pu le faire ses contemporains, ou en tirant son inspiration du travail des grands maîtres (il préfère Paris à Rome, et ne répond pas à l’offre d’une eintégration dans l’atelier de Rubens).
Cet artiste à la personnalité originale et à l’expression personnelle a décontenancé les historiens dès le XVIIe siècle qui, ne sachant pas comment l’associer à une époque ou à un style existant, ont préféré l’occulter.

- La remise des clefs à saint Pierre
- Philippe de Champaigne (c) Musée de Soissons - photo L. Jumel
Influencé par plusieurs sources (le Carmel, Port-Royal...), Philippe de Champaigne a réussi à ne pas en être prisonnier et a su construire seul un système de peinture inclassable.
Répondant aux demandes de ses commanditaires royaux et des congrégations religieuses, il a inventé entre politique et dévotion, une écriture picturale au dépouillement esthétique avec une densité narrative explicite, qui représente l’expression la plus accomplie du classicisme français. Inspirée d’une pensée visuelle faite pour transmettre un message spirituel, Philippe de Champaigne a contribué, tout autant que Nicolas Poussin, à l’élaboration d’une identité française, à l’ombre de Richelieu et de Louis XIII.

- Portrait du cardinal duc de Richelieu, vers 1640
- Philippe de Champaigne (c) Chancellerie des Universités de Paris / Photo JC Doêrr
L’exposition restitue l’itinéraire spirituel et artistique de Philippe de Champaigne. A travers les 85 tableaux de l’exposition répartis en cinq sections, se dessinent les sources de formation de l’artiste. L’exposition s’ouvrant sur la formation bruxelloise de ce peintre français d’origine flamande, s’attache à retracer la dynamique spirituelle qui caractérise son oeuvre après ses rencontres avec le Carmel puis Port-Royal et les chartreux.
Paysagiste et portraitiste accompli, peintre du sacré, Philippe de Champaigne s’attache à saisir l’essence des choses et l’être profond de ses modèles, conférant ainsi à ses tableaux un esprit permanent, une fonction méditative dégagée de toute interprétation psychologique et de tout contingence.
S’appuyant sur un parcours chronologique, l’exposition, qui s’organise autour d’un ensemble significatif de plus de soixante tableaux, met successivement en évidence l’origine aussi prestigieuse que déterminante des principales commandes à l’artiste, qu’elles émanent du pouvoir royal (Marie de Médicis, Richelieu puis Anne d’Autriche) ou du Carmel, des Chartreux et de Port-Royal.
Commissaire général d’exposition : Hélène Meyer Cogerino, Paul Lang .
Musée Rath (20 septembre 2007 -13 janvier 2008), Place Neuve- Genève, Suisse. Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 17h, le mercredi de 12h à 21h. Fermé le lundi.
Autres publications sur Philippe de Champaigne :
Champaigne et son atelier : Philippe de Champaigne (1602-1674), Jean-Baptiste de Champaigne (1631-1681), Nicolas de Plattemontagne (1631-1706). Cahiers du Dessin Français n°11. Editions Galerie de Bayser
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