Expositions à Paris

Praxitèle

Paris, musée du Louvre (23 mars - 18 juin 2007)
Publié le jeudi 22 mars 2007

En rassemblant pour la première fois le plus grand nombre possible de marbres et de bronzes que l’on s’accorde à reconnaître de sa manière, l’exposition présente les diverses images qui ont été données de ce grand maître depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours.

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Anonyme, Tête du type de l’Aphrodite de Cnide
(dite tête de Kaufmann) IIe siècle av. J.-C., d’après une oeuvre créée par Praxitèle vers 360 av. J.-C., marbre,musée du Louvre © Musée du Louvre / D. Lébée - C. Déambrosis

Aucune grande exposition, en France, n’a jamais été consacrée à la statuaire grecque et romaine, malgré son importance dans l’élaboration des formes artistiques occidentales.

Voyage à travers le temps, du IVe siècle à nos jours, l’exposition, lancée sur les traces de Praxitèle, est organisée en six sections, qui correspondent chacune à une époque de l’histoire durant laquelle le « fantôme » de l’artiste est particulièrement présent. Au-delà de ses objectifs scientifiques, elle se veut également une initiation et une éducation à la sculpture grecque, terre à la fois connue et inconnue de la culture européenne.

Praxitèle retrouvé. Praxitèle était originaire d’Athènes, né dans une famille constituant une véritable dynastie de sculpteurs. On ne connaît cependant de sa vie que quelques anecdotes, où le romanesque doit plus d’une fois remplacer l’histoire. Praxitèle a vécu probablement entre 400 et 330 avant J.-C. et l’apogée de sa carrière se situe aux alentours de 360. Alors que l’essentiel de la sculpture grecque est en bronze, Praxitèle est avant tout un marbrier de génie. La première section cherche à établir un bilan des « originaux ».

A la recherche de praxitèle. Pour la plus grande chance des archéologues et des historiens de l’art, les Romains ont conçu un véritable engouement pour l’art de Praxitèle. Les originaux se révélant vite insuffisants pour satisfaire les demandes, les artistes romains réalisèrent des copies des types statuaires les plus fameux. Ces répliques d’époque romaine, qui nous ont transmis les formes de la sculpture des Grecs, constituent la plus grande partie des oeuvres de l’exposition.

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Anonyme, réplique du type de l’Apollon Sauroctone
Marbre de Paros ( ?), Ier siècle après J.-C. ( ?) Paris, musée du Louvre, département des Antiquités grecques, étrusques et romaines, MR 78 (Ma 441) © Musée du Louvre / Daniel Lebée et Carine Deambrosis

A la suite de Praxitèle. L’influence de Praxitèle sur la sculpture fut considérable dès le IIIe siècle avant J.-C., mais les artistes grecs puis romains ne se contentèrent pas d’exécuter des copies : s’inspirant du style du maître, ils se mirent à sculpter à la manière de Praxitèle. Quatre dossiers permettent de cerner cette nouvelle évolution de l’image de Praxitèle, chacun soulevant une problématique précise dans la recherche de son art : La Diane de Gabies (les têtes féminines de style praxitélisant), L’Eros de Centocelle (les recréations classicisantes), Pasitélès et Stéphanos (le style praxitélien à Rome) et L’Apollino (création praxitélisante et modèles classiques).

Praxitèle imaginé. L’exposition aborde avec cette section le Praxitèle des temps modernes et à travers elle, la question de l’histoire moderne des oeuvres antiques, c’est-à-dire celle de leur redécouverte, de leur réception et de leur restauration. Six oeuvres, produites entre le XVIe et le XIXe siècle, permettent de comprendre comment d’un marbre antique peut naître une statue de style maniériste, classique, néoclassique ou académique.

Praxitèle, une carrière ? Une démarche du XIXe siècle ? Cette partie tente de reconstituer la carrière de Praxitèle telle qu’elle a été imaginée au XIXe siècle, notamment par A. Furtwängler.

Actualité de la recherche sur Praxitèle. Une nouvelle attribution ? Le Satyre de Mazara del Vallo. L’exposition se clôt sur la présentation paradoxale d’une oeuvre, qui pour spectaculaire et magnifique qu’elle soit, ne semble pas devoir être attribuée à Praxitèle. Cette oeuvre en bronze, repêchée au large de la Sicile en 1997, est en effet considérée par Paolo Moreno, commissaire de l’exposition Lysippe, comme un original de Praxitèle. Sa démonstration est pourtant loin de faire aujourd’hui l’unanimité.

Commissaires d’exposition : Jean-Luc Martinez et Alain Pasquier

Musée du Louvre, Hall Napoléon, Paris 1er. Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 9 h à 18 h et jusqu’à 22 h les mercredi et vendredi.


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