Expositions en Europe

Pour rire ! Daumier, Gavarni, Rops : l’invention de la silhouette

Une exposition présentée au musée Félicien Rops, Namur - Belgique (24 septembre 2010 – 9 janvier 2011)
Publié le jeudi 28 octobre 2010


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L’exposition explore les visions cyniques, comiques et tendres que portent les trois artistes sur leurs contemporains... Leurs ½uvres permettent de découvrir un panorama de la société du début du 19e siècle.



La physionomie des protagonistes est particulièrement étudiée et fait rire : les corps, les vêtements, les attitudes, tout cela participe à la création de typologies corporelles surprenantes : une silhouette se dessine.

Le parcours est divisé en différentes sections qui permettent un large panorama des caricatures politiques, artistiques et de m½urs

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Félicien Rops
La Chanson de Chérubin, 1878-1881, aquarelle, pastel, gouache, pierre noire et craie blanche (c) Musée Félicien Rops Namur, CFR 14.

La caricature sociale : depuis la Renaissance, la caricature était une pratique d’atelier, un délassement d’artiste, mais les bouleversements politiques et sociaux qui résultent de la Révolution française (1789-1799) déchaînent une activité graphique caricaturale inédite. La loi de septembre 1835, en censurant la presse, vise à empêcher les discussions sur le roi, la dynastie, la monarchie constitutionnelle. Elle met fin à l’activité de nombreux journaux et entraine la reconversion de la caricature politique vers le dessin de m½urs.

L’Artiste est une figure typique de l’homme du 19e siècle, dandy ou révolté, qu’il soit dans son atelier en face des commanditaires ou dans les Salons face à la critique. La nouvelle école de Barbizon, qui sort de l’atelier pour s’imprégner de la nature, va être elle aussi croquée et ridiculisée par les caricaturistes. Le sculpteur, le lithographe, le peintre ou le dessinateur, tous sont croqués dans ce qu’ils ont de plus vil, de plus simple ou de plus prétentieux.

Une fois la Monarchie Absolue abolie, de nouvelles classes sociales voient le jour : médecins et avocats sont croqués sans aucune pitié ! Les découvertes dans le domaine de la santé modifient la vision du corps médical qui devient capable du meilleur, comme du pire. Les charlatans pullulent et les interventions chirurgicales ont l’audace de défaire « les plans de Dieu ». Les avocats, quant à eux, sont les nouveaux garants d’une société plus démocratique et plus juste. Les Palais de justice sortent de terre, mais à l’intérieur, les avocats se prennent pour un acteur. Leur arrogance écrase les petites gens, renforçant une société à deux vitesses.

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Honoré Daumier
Plus que ça d’ballon..... excusez !....., planche 199 de l’album Actualités, publiée dans Le Charivari le 13 juin 1855, lithographie (c) BNF

Siècle bourgeois par excellence, le 19e siècle est également celui des progrès techniques et sanitaires, de la grande vogue des voyages (pittoresques) à travers la France et l’Europe. Ce changement moderne dans les habitudes bourgeoises se traduit par une prééminence accordée au corps, que ce soit par des soins médicaux de plus en plus poussés ou par la pratique d’une activité sportive. Dans ces différentes actions de promenade, de nage ou encore de pêche, le bourgeois n’oublie cependant jamais les symboles typiques et reconnaissables de sa silhouette, c’est-à-dire le parapluie et le haut de forme pour les hommes et la crinoline et le chapeau pour les femmes.

Les Lorettes, ces jeunes femmes légères du quartier de Notre- Dame-de-Lorette, deviennent un idéal féminin et sulfureux du 19e siècle. Elles sont l’incarnation de la femme parisienne, tantôt mutine, tantôt coquette. Associées aux jeux de l’amour, elles s’amusent, tour à tour, à agacer ou à charmer leurs amants. Figure parisienne flamboyante et sensuelle, la Lorette personnifie, tout autant que la figure du dandy, son contrepoint masculin, la figure de la jeune femme à la mode du siècle bourgeois.

Vue par Daumier, Gavarni et Rops, comme un outil à l’image du miroir lui-même, la caricature fonctionne en reflet de la réalité. Dans la dernière séquence sur le rapport entre mode et image de soi, tous les types sociaux sont écornés par ce défaut qu’est la coquetterie : militaires, bourgeois, lorettes, bas-bleus, Français et Belges participent à cette immense et drôle vanité vestimentaire. La crinoline, en particulier, nouveau symbole « gonflé » de la mode féminine, est traitée sur le mode de la cocasserie et du ridicule, qu’elle cache le corps ou qu’elle le révèle.

Informations pratiques :
- Musée Félicien Rops - Rue Fumal, 12 - Namur, Belgique
- Accès : Tél. 081/77 67 55
- Horaires : Ouvert de 10h à 18h du mardi au dimanche. En juillet et août, ouvert tous les jours. Fermeture les 24, 25 et 31 décembre ainsi que le 1er janvier.
- Tarifs : Plein tarif : 3 euros ;Tarif réduit : 1,50 euros.
- Catalogue de l’exposition : Pour rire ! Daumier, Gavarni, Rops : l’invention de la silhouette, éditions Somogy

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