Expositions à Paris

Picasso ou le cubisme des origines

PARIS. Musée Picasso. Du 19 septembre 2007 au 7 janvier 2008
Publié le jeudi 20 septembre 2007





Organisée par la Réunion des musées nationaux et le Musée Picasso, l’exposition "Picasso cubiste" a été conçue dans le cadre des célébrations internationales du centenaire des Demoiselles d’Avignon (1907), « le premier tableau de l’art moderne » (Pierre Daix). L’exposition ambitionne d’éclairer à la fois l’audace, la complexité et la rigueur du grand cycle du cubisme picassien, jalonné par les étés espagnols passés à Gósol (1906) et à Horta de Ebro (1909). Avec environ 350 œuvres exposées, l’exposition propose ainsi un ample panorama de l’oeuvre cubiste de Picasso.

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Autoportrait avec "Homme accoudé sur une table", dans l’atelier de la rue Schoelcher
Picasso, vers 1916 Photographie © Photo RMN © Succession Picasso 2007 © Succession Picasso 2007

Le mot « cubisme » remonte à une boutade de Matisse, reprise par la presse, qui avait décrit comme une composition faite de « petits cubes » un paysage (1908) de Braque, compagnon de « cordée » de Picasso dans cette nouvelle manière de peindre et de voir. Picasso garda toujours ses distances avec le mouvement cubiste qui se revendiquait de lui.

Le cubisme est en rupture radicale avec l’idée de représentation pictural comme reflet de la réalité. Pour Picasso, il est destiné à afficher la matérialité de la peinture et à s’affirmer comme un langage de signes. Comme le souligne la préface du catalogue de l’exposition en citant le peintre :

« La définition conceptuelle donnée par Picasso du cubisme se trouve dans l’entretien qu’il donna à Marius de Zayas, en 1923 : “Le cubisme n’est différent d’aucune autre école de peinture. Les mêmes principes et les mêmes éléments sont communs à toutes. […] Le cubisme s’est maintenu dans les limites et les limitations de la peinture, sans jamais prétendre aller au delà. Le cubisme comprend et utilise le dessin, la composition et la couleur dans le même esprit et de la même manière que toutes les autres écoles. Nos sujets sont peut-être différents, car nous avons introduit dans la peinture des objets et des formes qu’elle ignorait autrefois. Nous avons gardé les yeux - et le cerveau - ouverts sur notre environnement. Nous donnons à la forme et à la couleur toute leur signification individuelle, pour autant que nous puissions la voir ; dans nos sujets, nous gardons la joie de la découverte, le plaisir de l’inattendu ; notre sujet lui-même doit être une source d’intérêt. Mais à quoi bon dire ce que nous faisons, quand tout un chacun peut le voir s’il le souhaite ?“

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Buste d’homme. Picasso (1907)
Etude pour les Demoiselles d’Avignon. Picasso. (Printemps 1907) Huile sur toile. 56 x 46,5 cm. Musée Picasso, Paris. © Rmn S/P - © Succession Picasso 2007. © Réunion des musées nationaux

Ainsi, avec son expression habitée par le lyrisme de Greco doublé d’une analyse géométrique des volumes issue de l’art de Cézanne, le cubisme picassien décompose la forme en unités plastiques empruntée aux arts primitifs, ibérique, africain, océanien, byzantin. Il détourne aussi les règles de l’optique photographique et multiplie les sources, l’iconographie, l’artisanat de la culture populaire et introduit des fragments d’objets, de lettrages ou de coupures de presse.

Entre autres chefs-d’oeuvre, l’exposition rassemble La Table de l’architecte (Museum of Modern Art, New York), Guitare et Clarinette sur une cheminée (Metropolitan Museum of Art, New York), Mandoline et Guitare (Guggenheim Museum, New York), L’homme au verre (collection particulière), Guéridon (Kunstmuseum, Bâle), Homme au compotier (Museu Picasso, Barcelone), Homme à la clarinette (Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid), Nature morte à la chaise cannée (musée Picasso, Paris). Enfin, aux côtés d’une cinquantaine de prêts majeurs issus de collections publiques et privées, des études et pièces de recherche souvent inédites (musée Picasso, Paris) témoignent intimement de la genèse des innovations les plus radicales de l’artiste.


MUSEE PICASSO Hôtel Salé. 5, rue de Thorigny. 75003 Paris. Visites de groupes et conférences : 01 42 71 70 84 et 01 42 71 63 15

- Commissariat d’exposition : Anne Baldassari, conservateur en chef du Patrimoine, directrice du musée national Picasso.

- Horaires : Ouvert tous les jours sauf le mardi. De 9h30 à 18h00 jusqu’au 30 septembre, de 9h30 à 17h30 du 1er octobre au 7 janvier.

- Tarifs : Prix d’entrée : 7,70 € plein tarif ; 5,70 € tarif réduit (de 18 à 25 ans inclus) ; gratuit pour les moins de 18 ans, et le premier dimanche de chaque mois.

REPRODUCTIONS :
- Autoportrait avec "Homme accoudé sur une table", dans l’atelier de la rue Schoelcher Picasso, vers 1916. Photographie. © Photo RMN © Succession Picasso 2007. © Succession Picasso 2007
- Buste d’homme (Etude pour les Demoiselles d’Avignon). Picasso, printemps 1907 Huile sur toile. 56 x 46,5 cm. Musée Picasso, Paris. © Rmn S/P - © Succession Picasso 2007 © Réunion des musées nationaux
- Vignette de présentation : Mandoline et guitare. Picasso, 1924. Huile et sable sur toile 140,7 x 200,3 cm. Solomon R. Guggenheim Museum, New York. © Succession Picasso 2007

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