Expositions à Paris

Marie-Antoinette

Paris, Galeries nationales du Grand-Palais (du 15 mars au 30 juin 2008)
Publié le samedi 15 mars 2008


La figure de Marie-Antoinette a toujours fait l’objet d’interprétations multiples : l’« Autrichienne » avide de plaisirs dispendieux, « Victime » de la liturgie versaillaise, ou encore « Ecervelée » boulimique de macarons… Que sait-on cependant du personnage historique ? C’est l’ambition de l’exposition de cerner au plus près le destin d’exception d’une des dernières reines de France, de Schönbrunn à la Conciergerie.



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Joseph Ducreux (1735-1802)
L’Archiduchesse Marie-Antoinette, 1769. Pastel, dessin ; Musée national du Château de Versailles ; France, Versailles © Photo RMN / Gérard Blot

Du caractère de Marie-Antoinette, tout le monde connaît quelques traits : son goût pour la mode, Trianon et le hameau dans les jardins du château de Versailles, sa grande dignité quand son destin bascule. Mais que sait-on de celle qui arriva en France à quinze ans et qui, vingt-trois ans plus tard meurt guillotinée...

Aidant à éclairer chacun des aspects de la personnalité de Marie-Antoinette, tant sur le plan de l’éducation que dans les domaines artistiques et politiques, plus de 300 oeuvres sont pour l’occasion rassemblées, provenant de toute l’Europe, dont un extraordinaire ensemble de peintures (Vigée Le Brun) de sculptures (Lemoyne, Boizot et Lecomte) et d’objets d’art (Carlin, Riesener, Weisweiler).

Le destin de Marie-Antoinette se joua autour d’un portrait que l’on présenta à la cour du vivant de Louis XV : il la mena jusqu’au trône puisqu’elle allait devenir l’épouse du futur Louis XVI. Très moderne en cela, la jeune femme comprit l’importance de son image et, durant toute sa vie, elle porta une attention particulière aux nombreuses représentations qui furent diffusées d’elle. Si ces effigies peintes, sculptées ou gravées furent à l’avantage de la dauphine, elles desservirent la reine et contribuèrent à sa fin tragique.

Née en 1755, Marie-Antoinette fut la dernière fille de Marie-Thérèse d’Autriche. Elle n’était pas destinée à régner. Les hasards de la politique européenne en décidèrent autrement. La petite archiduchesse épousa l’héritier de la couronne de France, futur Louis XVI, le 16 mai 1770. La jeune fille qui arriva à Versailles avait reçu une éducation soignée, elle dessinait, jouait sur scène, chantait et dansait. Dans le cocon de la famille impériale, elle sut former son goût en prenant sa mère pour exemple.

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Elisabeth Vigée-Le Brun (1755-1842)
Marie-Antoinette, la reine de France et ses enfants, 1789. Huile sur toile. Châteaux de Versailles et de Trianon, Versailles, France © Photo RMN © Gérard Blot

A Versailles, la dauphine Marie-Antoinette fut adulée. On célébra sa beauté et sa vivacité. Devenue reine, l’intérêt porté à sa personne et à sa manière d’être s’en trouva encore renforcé. Chacun des évènements marquant de sa vie fit l’objet d’une riche iconographie. Les représentations de la cérémonie du mariage, des fêtes qui l’accompagnèrent, et surtout des naissances et des réjouissances publiques qu’elles suscitèrent, soulignaient sa position à la cour et le rôle majeur qui lui était imparti, celui de donner un héritier au royaume.

Ne manifestant aucun intérêt pour la politique, Marie-Antoinette s’imposa avant tout, à travers ses commandes, en émulatrice des arts de son temps. Jeune, attentive aux modes et aux idées nouvelles, désirant rapidement échapper à l’étiquette de Versailles, elle créa souvent avec le soutien attentif de l’administration royale, parfois en marge de tout contrôle, un cadre de vie raffiné qui par certains aspects témoignait de son éducation autrichienne.

Attentive à la modernité, elle sut aussi évoluer dans ses choix artistiques, tant dans le domaine des arts décoratifs, que dans celui de la musique ou de la mode, et ainsi, en première mécène du royaume, aider au développement d’un style que l’on associe aujourd’hui à son nom.

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Attribué à Jacques-Louis David (1748-1825)
Marie-Antoinette conduite au supplice, avec notes manuscrites, 16 octobre 1793. Dessin. Musée du Louvre, Département des Arts graphiques Paris, France © Photo RMN / Thierry Le Mage

Par son besoin de liberté, son désir d’échapper à la cour au profit de cercles choisis, par son caractère dépensier qui nourrit le scandale de l’affaire du collier, Marie-Antoinette s’aliéna rapidement les esprits. Face à une opinion publique toujours moins favorable, l’administration royale chercha à donner de la souveraine une image noble et protectrice en commandant de grandes effigies destinées à être montrées au public à l’occasion des Salons.

Noyées par une production croissante de pamphlets et d’estampes satiriques, ces effigies ne furent pas comprises. L’ « Autrichienne », recluse dans son « Petit Vienne », le Petit Trianon, devint la cause de tous les maux. Après le départ de Versailles pour Paris en octobre 1789, le couple royal ne parut pas comprendre le sens des événements. Peu enclin à modifier son rythme de vie, ballotté au gré des intérêts politiques, maladroit dans certaines tentatives de conciliation ou de fuite, il cristallisa les haines. L’exécution de Louis XVI imposa à Marie-Antoinette toujours plus de dignité. Les heures les plus sombres, jusqu’à l’échafaud, transformèrent la femme. " C’est dans le malheur que l’on sent davantage ce qu’on est ". Marie-Antoinette.

Soulignons la scénographie très réussie qui vient appuyer le parcours de l’exposition se déroulant selon le fil d’une "tragédie en trois actes "...

Commissariat d’exposition : Pierre Arizzoli-Clémentel, Directeur général, Etablissement public du musée et du domaine de Versailles. Xavier Salmon, chef de l’Inspection générale, Direction des musées de France, Paris.

Direction artistique : Robert Carsen

Informations pratiques
- Galeries nationales du Grand Palais, entrée square Jean Perrin - Paris
- Horaires : Ouvert tous les jours de 10 à 22h, sauf le jeudi jusqu’à 20h. Fermé le mardi. (fermeture des caisses :45 mn avant).
- Tarif : 10 ¤ / 8 ¤ (13-25 ans, famille nombreuse, demandeur d’emploi...)
- Catalogue d’exposition : Marie-Antoinette, éditions RMN.

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