Expositions en France
L’Impressionnisme de France et d’Amérique
GRENOBLE. Musée de Grenoble du 20 octobre 2007 au 20 janvier 2008
Publié le mardi 11 décembre 2007
L’avènement de l’Impressionnisme à la fin du XIXe siècle provoque non seulement une révolution esthétique, mais bouleverse un système artistique inadapté au monde moderne.
Face au Salon officiel qui les refuse, les impressionnistes imposent, de 1874 à 1886, l’exposition d’initiative privée. En effet, en l’absence de commandes publiques, ils confient la commercialisation de leurs oeuvres à des marchands. Dans cette nouvelle économie de l’art, l’Amérique joue un rôle essentiel.

- Edgar Degas (1834-1917)
- Le portrait de Madame Nittis, vers 1872, oil an canvas (c) Portland Art Museum
En 1863, l’extraordinaire sévérité du jury du Salon Officiel ayant suscité la colère des artistes refusés, Napoléon III doit leur concéder une exposition dans une salle voisine de l’exposition officielle. Cette manifestation - à laquelle on donna le nom de Salon des Refusés - est restée célèbre : Manet y exposa, entre autres, Le déjeuner sur l’herbe qui déclencha l’une des polémiques les plus violentes de l’histoire de l’art du XIXe siècle. Les jeunes peintres en rupture avec la tradition, comme les futurs impressionnistes, doivent, pour exposer, s’émanciper. La rupture avec l’art académique qu’incarnent les impressionnistes tient moins aux sujets qu’ils traitent, classiques (paysages, natures mortes, scènes du quotidien, portraits...) qu’à leur exécution. L’impression d’ensemble prend le pas sur les détails et une place fondamentale est accordée au traitement de la lumière. Cette peinture de l’instant, de l’éphémère s’oppose radicalement à l’aspect stable et fini de l’art académique.
Entre 1874 et 1886, le groupe des impressionnistes réalise huit expositions à Paris en marge des Salons Officiels revendiquant ainsi leur liberté d’expression et leur rupture avec le courant académique. 1886, est aussi l’année de la première exposition impressionniste aux Etats-Unis, elle aussi d’initiative privée. Il s’agit cette fois d’une entreprise délibérément commerciale du marchand Durand-Ruel.

- Mary Cassat (1844-1926)
- Child picking a fruit (c) Virginial Museum of Fine Arts
Grâce à l’action de quelques amateurs éclairés, tels les Havemeyer conseillés par Mary Cassatt, et à l’esprit d’entreprise de marchands, tels Durand-Ruel, les impressionnistes trouvent aux Etats-Unis de nouveaux débouchés dans ce continent jeune où d’importantes fortunes se sont constituées.
Aux Etats-Unis, les oeuvres de l’école impressionniste ne suscitent pas les critiques virulentes dont elles ont fait l’objet en France. Au contraire, elles sont considérées comme une étape logique dans la succession de mouvements qui constituent l’histoire de l’art. Les oeuvres impressionnistes sont très convoitées par certains collectionneurs américains devenus légendaires comme les Havemeyer à New York, les Palmer à Chicago ou encore Spaulding, Chester Dale ou le fameux docteur Barnes.
Comme l’avait pressenti Mary Cassatt, les collections qui se forment donneront bientôt naissance à de prestigieux musées. En France, une autre histoire s’écrit : après le legs Caillebotte, difficilement accepté par l’Etat en 1896, d’autres donateurs finissent d’imposer l’Impressionnisme dans les collections nationales. Les musées de région sont parmi les premiers à s’ouvrir à ce nouveau courant.
L’ouverture des collections des musées français aux oeuvres modernes prend réellement sa source dans la volonté de quelques fortes personnalités, conservateurs, érudits ou collectionneurs. Certains musées de province ont ainsi pu bénéficier très tôt du don de superbes ensembles d’oeuvres d’art moderne réunis par des collectionneurs passionnés.

- Fréderic Bazille (1841-1870)
- The artist’s studio rue Visconti Paris, 1867, Oil an canvas (c) Museum of Art Richmond Virginia
Les musées français ont pourtant tardé à s’ouvrir aux oeuvres impressionnistes. Ceci est lié au cruel manque de reconnaissance dont les oeuvres ont longtemps pâti. La pression des peintres de l’Académie y était pour une grande part, mais aussi les critiques dont le discours virulent à longtemps discrédité les toiles impressionnistes aux yeux du public. Même quand leur notoriété fut publique, à partir des années 1890, l’Etat tarde à engager les deniers publics. Avant 1900, peu d’oeuvres impressionnistes figurent sur les murs des musées français. Cependant, l’exposition universelle de 1900 présente une salle éblouissante d’oeuvres impressionnistes, preuve que ces ex-relégués des instances officielles sont devenus un élément de fierté nationale. Peu à peu, ils viennent étoffer les collections des musées nationaux.
Musée de Grenoble (20 octobre 2007 - 20 janvier 2008), 5 place de Lavalette – 38000 Grenoble. Tél. : + 33 (0)4 73 63 44 44. Ouvert tous les jours de 10h à 18h30, sauf le mardi, le 25 décembre et le 1er janvier. Nocturne exceptionnel tous les jeudis jusqu’à 22h pendant l’exposition.
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