Expositions à Paris

L’Âge d’or du Romantisme allemand (1770-1830)

Paris, musée de la Vie Romantique (du 4 mars au 15 juin 2008)
Publié le vendredi 4 avril 2008

À l’époque de Goethe, les secteurs phares de la création intellectuelle dans les pays de langue allemande sont la musique, la philosophie, la littérature et, pour le domaine des arts plastiques, le dessin.

Cette suprématie résulte de la place centrale occupée par la littérature et à sa relation étroite avec les autres arts : la pratique de l’illustration donne au dessin la tâche d’interpréter le texte écrit.

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Wilhelm von Schadow (1788-1862)
Portrait du peintre Carl Wilhelm Wach. Vers 1805-1810. Craie noire, rehauts de blanc © Museum für Kunst und Kulturgeschichte, Lübeck.

" Le devenir des styles, la diversité des courants esthétiques sont exposés grâce à un choix représentatif de 59 artistes et de 124 dessins et aquarelles, les artistes les plus importants étant représentés par plusieurs œuvres. Les œuvres sélectionnées permettent une approche de l’artiste, de sa position dans l’histoire de l’art, de ses relations avec les événements de son temps, la littérature et la musique. Elles éclairent également les contacts entre les sensibilités allemande et française.

Dans l’histoire de l’art allemand, deux époques ont mis le dessin au premier rang des disciplines artistiques : celle de Dürer, autour de 1500, et celle de Goethe et des débuts du romantisme, autour de 1800. Dans ces deux périodes, les autres disciplines artistiques ont une affinité forte avec le dessin et les artistes les plus éminents consacrent à ce dernier une part importante de leur activité créatrice, et même se définissent comme dessinateurs.

Le dessin devient progressivement un art autonome. Ces deux époques sont, l’une et l’autre, témoins de mutations importantes. Du temps de Dürer, on assiste à la fin de l’art gothique et aux débuts de la Renaissance, avec la diffusion de l’humanisme et de la Réforme. Du temps de Goethe, la poussée de l’Aufklärung fait qu’au rococo succèdent le classicisme, puis différents aspects du romantisme et du réalisme.

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Karl Friedrich Schinkel (1781-1841)
Le Tumulus des larmes, pressentiment d’un jour nouveau 1832. Gouache © Kupferstichkabinett, Staatliche Museen, Berlin.

Collectionneur, artiste talentueux, Goethe a eu avec le dessin une affinité particulière. Quelque 3000 œuvres sont connues de sa main : pour lui, dessiner est une école du regard et de la mémoire, une façon de mieux comprendre le monde. Il recherche avant tout la confrontation avec la nature. [...]

Goethe a joué un rôle important dans la politique de l’art, particulièrement pour le dessin. Son jugement, qu’il fût positif ou négatif, a eu du poids à son époque, de même que ses prises de position en faveur du néo-classicisme – formulées par exemple dans les directives à l’intention des jeunes artistes candidats au prix annuel de dessin décerné à Weimar entre 1799 et 1805. Goethe s’est ainsi efforcé de stimuler l’activité artistique allemande, mais aussi de la guider.

Partisan convaincu de l’art classique, Goethe ressentait comme névrotiques et dangereux les nouveaux courants esthétiques de son époque. Il mena une polémique acharnée contre les tendances religieuses du mouvement nazaréen et contre le renouveau du patriotisme que celui-ci incarnait." Hinrich Sieveking, commissaire d’exposition. Extraits du catalogue.

" Munich, Hambourg, deux mondes. Les Nazaréens, ancêtres des Préraphaélites et l’Allemagne profonde, deux modes de concevoir le dessin et la peinture. Portraits et scènes de genre, la Bible et les légendes médiévales, les ruines abandonnées et hantées, mais surtout le paysage - la Forêt, la Montagne - sont abordés dans toutes les techniques. Dante (Füssli, Koch), Ossian (Runge), le Moyen-Âge (Moritz von Schwind), Raphaël, le jeune et beau Raphaël (Overbeck, Riepenhausen), Shakespeare et bien sûr Goethe (Cornelius, Fohr, Kauffmann, Johann Gottfried Schadow) prennent le pas sur l’Antiquité classique, Homère (Carstens) et la mythologie..." Pierre Rosenberg de l’Académie française. Extraits du catalogue.

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Johann Heinrich Füssli (1741-1825)
Le Désespoir de l’artiste devant la grandeur des ruines antiques 1778-1780 © Grafische Sammlung, Kunsthaus Zurich.

Commissariat d’exposition : Hinrich Sieveking, historien d’art, commissaire invité. Daniel Marchesseau, directeur conservateur général du Patrimoine.

Informations pratiques
- Musée de la Vie Romantique : Hôtel Scheffer-Renan - 16, rue Chaptal - Paris 9e
- Horaires : Ouvert tous les jours de 10 à 18h, sauf les lundis et jours fériés.
- Visite - conférence de l’exposition en cours - Tel : 01 55 31 95 67
- Tarif : 7€ - 5,50€ - 3,50€
- Catalogue d’exposition : L’Âge d’or du romantisme allemand, Editions Paris Musées


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