Expositions à Paris

Jules Bastien-Lepage (1848-1884)

Paris, Musée d’Orsay. Du 6 mars au 13 mai 2007.
Publié le mardi 13 mars 2007

Première grande exposition monographique depuis 1885, et afin de participer aux études visant à une meilleure connaissance de toutes les expressions artistiques de la seconde moitié du XIXe siècle, le musée d’Orsay, en collaboration avec la région natale de Jules Bastien-Lepage, s’est attaché à réunir la plupart des tableaux les plus importants de l’artiste, succès de Salons ou oeuvres plus intimes, provenant des collections publiques et privées d’Europe, d’Amérique et d’Australie.

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Jules Bastien-Lepage, Le petit cireur de bottes, 1882
Huile sur toile. H. 132 ; L. 89 cm. Paris, musée des Arts décoratifs (c) Musée des Arts décoratifs

Elève de Cabanel à l’école parisienne des Beaux-arts, candidat malheureux au concours pour le Grand Prix de Rome, Jules Bastien-Lepage a retenu l’attention de ses contemporains dès ses plus précoces envois au salon. Ses premières expositions ont marqué le début d’une carrière fulgurante qui fut saluée par les critiques les plus intransigeants, au premier rang desquels il faut citer Emile Zola, et par les plus zélés collectionneurs du monde entier. Mort à trente-six ans au sommet de sa gloire, il a marqué la peinture naturaliste d’une empreinte indélébile.

Bastien-Lepage doit ce succès à un oeuvre personnel, reflet d’un remarquable esprit de synthèse puisque si l’on y sent l’influence de sa formation, on y trouve aussi de multiples références aux mouvements les plus novateurs. Dès les années 1870, Bastien-Lepage a surtout réconcilié le réalisme paysan et la grande tradition, non sans éclairer sa palette et dynamiser ses cadrages à la manière du jeune impressionnisme. Cette rétrospective est l’occasion de réunir un ensemble exemplaire de ses créations et d’expliquer aujourd’hui le rôle fondamental que ses contemporains lui avaient déjà reconnu.

Au lendemain du décès de Jules Bastien-Lepage dans son atelier parisien de la rue Legendre, le 10 décembre 1884, les journaux du monde entier signalent la mort prématurée du peintre et son inhumation dans le cimetière familial de Damvillers, dans la Meuse. En quelque dix années d’activité, ce fils de modestes agriculteurs a conquis une place éminente sur la scène artistique française et internationale, même si elle fut contestée parfois.

Bastien-Lepage consacre principalement sa courte existence à deux types de sujets : les portraits d’abord, qui lui valurent une clientèle fidèle parmi les artistes -de Sarah Bernhardt à Coquelin aîné- et au sein de la bourgeoisie républicaine -de Simon Hayem à Léon Gambetta-, et les sujets paysans ensuite, qu’il brosse souvent sur les lieux de son enfance.

Nombre de découvertes concernant la biographie de l’artiste, l’historique et l’intention exprimée par ses oeuvres, permettent désormais d’abandonner la vision romantique offerte au public par sa famille et par ses amis après sa disparition précoce, pour dresser le constat de son incessante lutte sociale et de son combat esthétique engagé.

Commissaire général d’exposition : Serge Lemoine, Président du musée d’Orsay Commissaire d’exposition : Dominique Lobstein, chargé d’études documentaires au musée d’Orsay

Exposition organisée avec le Conseil Général de la Meuse


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