Expositions en France

Exposition Raymond Humbert

Auxerre, Cellier du musée-abbaye Saint-Germain (11 mars - 4 juin 2007)
Publié le jeudi 12 avril 2007





Dessiner, peindre collectionner, Raymond Humbert en a éprouvé très tôt la nécessité. Avec patience mais aussi autorité, il s’est forgé un univers lui permettant d’unir son penchant pour la collection à une pratique de la peinture, avec la ferme intention de créer un musée d’art populaire, d’élaborer une pédagogie suceptible de servir celui-ci et d’accomplir, dans un quasi-anonymat, une oeuvre de peintre qui associerait connaissance et savoir-faire.

Sa formation fut parisienne, les Arts décoratifs, puis les Beaux-arts. En 1954, il obtenait le Premier Second Prix de Rome, une année où le Premier Grand Prix ne fut pas décerné, mais qui lui fut attribué en 1958 et lui valut d’être nommé pensionnaire de l’Académie de France à Rome. A son retour, nommé professeur à l’Ecole des Beaux-arts d’Orléans, Raymond Humbert se consacre à l’enseignement et à une pédagogie active qu’il poursuivra à l’Ecole des beaux-arts d’Auxerre qu’il crée et dont il deviendra le directeur.

Il continue de porter toute son attention à la collecte de l’art populaire qu’il engrange, étudie et dont il tire une réflexion qu’il livrera ensuite à travers ses nombreux livres. Probablement songe-t-il déjà à la création d’un musée, un musée consacré à la mémoire des artisans et des paysans qu’il bâtira de ses propres mains, avec le soutien de sa famille, et qu’il ouvrira au public en 1986. Comme l’a souligné Marie-José Drogou : "Il mettait l’art populaire sur le même plan que le grand art."

Assurément ce n’est pas dans ses premières oeuvres qu’il faut rechercher le véritable Raymond Humbert. C’est au delà de la figure humaine qu’il se situe. La présence de l’homme il la recherche à travers ces objets témoins d’un passé révolu, riches des sens qu’il souhaite sauver et qu’il rassemblera sa vie durant. Dans les années 1970, la nature devient son sujet de prédilection, en contrepoint de sa quête de l’objet. Il dessine et peint sur le motif, agenouillé devant sa feuille de papier, annulant ainsi la distance avec le sujet, immergé par tous les temps dans son paysage.

Sa connivence avec l’art populaire rejoignait celle de Gauguin, des Nabis, de Derain... mais aussi de Kandisky. Son obsession à combler le vide permet d’évoquer son admiration pour les compositions nabies, pour leur effet décoratif et aussi pour leur format parfois oblongs. Chez Raymont Humbert, le trait est vif, assuré. Ce "fou du dessin" comme Hokusaï qu’il admirait, dessinait la mer, mais aussi la grêve, les déplacements du sable sous l’effet du vent, l’accumulation des galets répartis au gré des courants marins. Sa peinture elle-même n’était que dessin.

Le peintre Raymond Humbert, homme de culture, par ailleurs révolté, avait retrouvé la naïveté et le bon sens de l’homme simple qui est proche de la nature et reste à l’écoute de la moindre de ses vibrations.

Extraits de la contribution de Philippe Chabert, directeur du musée d’Art Moderne de Troyes (extraits du catalogue)

Commissariat d’exposition : Micheline Durant, conservateur en chef des musées d’Auxerre, en collaboration avec Jacqueline Humbert.

Cellier du musée-abbaye Saint-Germain d’Auxerre. Informations Musée, Tel : 03 86 18 05 50. Ouvert de 10h à 12h, puis de 14h à 18h.

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