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Exposition - Plaisirs d’Edo

Musée de l’hôtel Sandelin à Saint-Omer et musée des Beaux-arts de Calais (du 16 mars au 17 juin 2007)
Publié le samedi 28 avril 2007

Exposés pour la première fois, les fonds d’estampes japonaises de Calais et de Saint-Omer sont représentatifs des différentes formes de l’ukiyo-e... Qu’il s’agisse de l’estampe, du théâtre kabuki ou des quartiers de plaisir, leurs développements sont contemporains de l’époque d’Edo (1603-1868)...

Chacun des deux musées profite de l’organisation simultanée de l’exposition dans les deux villes pour révéler la spécificité de son fonds : les courtisanes à Saint-Omer et les acteurs kabuki à Calais.

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UTAMARO Kitagawa (1753-1806)
Bijin à sa toilette (c) Musée de Saint-Omer, Philippe Beurtheret

L’estampe japonaise est le plus souvent appelé ukiyo-e, terme qui s’applique autant à la peinture qu’à la gravure même si c’est en grande majorité à cette dernière technique que l’on doit l’associer. Introduit au Japon depuis la Chine au Xe siècle, l’estampe devient un outil de diffusion de masse à partir du XVIIe siècle avec l’expansion des villes et d’une nouvelle bourgeoisie de marchands et d’artisans.

Dès l’origine, le terme d’ukiyo-e se développe autour de deux pôles : l’univers extravagant, chatoyant et populaire du théatre kabuki et celui manifestement érotique et hédoniste du quartier des plaisirs de Yoshiwara qui donneront lieu à des représentations de courtisanes et de jolies filles (bjin-ga) et de scènes érotiques.

Le kabuki, une forme théâtrale populaire et spectaculaire, est mentionné pour la première fois en 1603. Il deviendra le divertissement privilégié de cette époque.

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KUNISADA Utawaga (1786-1864)
(c) Calais, musée des Beaux-arts, Florian Kleinefenn

Sujets littéraires, paysages et scènes de batailles constituent également ces collections aux artistes prestigieux : Haronobu, Utamaro, Hokusai, Hiroshige, Kunisada...

Pour enrichir cette sélection, des gravures d’artistes japonais de la bibliothèque de Valenciennes ainsi que de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris sont présentées à Saint-Omer et à Calais.

La période traitée (deuxième moitié du XVIIIe siècle - début XXe siècle) permet de constater les permanences mais aussi les ruptures techniques, stylistiques et iconographiques marquées par les circonstances politiques et culturelles des périodes d’Edo puis de Meiji. Quand, en 1841, le régime des Tokugawa légifère contre les manifestations trop ostentatoires du luxe, interdit les représentations des acteurs kabuki et des courtisanes et oblige à plus d’économie, cela n’est pas sans conséquences sur l’évolution de l’estampe. Les ateliers de gravure doivent trouver des subterfuges pour que les acteurs ne soient pas identifiés comme tels et restreindre le nombre de couleurs.

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KUNISADA Utawaga (1786-1864)
(c) Calais, musée des Beaux-arts, Florian Kleinefenn

Plaisirs d’Edo est aussi l’occasion de proposer aux publics un circuit culturel et artistique entre Calais et Saint-Omer. Théâtre, cinéma, art contemporain et manga, entre autres, sont autant de points de vue pour sensibiliser les visiteurs à l’art japonais. Ces expositions sont organisées sous le haut patronage de l’ ambassade du Japon en France et dans le cadre des événements " Feuille à feuille " organisés par l’Association des conservateurs des musées du Nord - Pas de Calais.

Les artistes contemporains, Jean-Luc Moerman, le collectif lillois Qubo Gas et l’artiste peintre et dessinateur, Michaël Schouflikir, ont été invités à présenter leur travail en relation avec ces expositions. Chacun apporte à sa manière, un regard sur le Japon et ses estampes. Du fait de leurs intérêts et de leurs parcours, ils proposent trois univers distincts où sont convoqués les tatouages, le raffinement décoratif des paravents japonais ainsi que les motifs des gravures japonaises. Janusz Stega présente également son travail à l’espace 36, association d’art contemporain et dans le cadre de l’exposition De Kyoto à Saint-Omer.

Exposition du 16 mars au 17 juin 2007. Musée des beaux-arts et de la dentelle de Calais, 25 rue Richelieu - 62100 Calais. Ouvert tous les jours, sauf le mardi et jours fériés, de 10h-12h et 14h-17h30, le samedi 10h-12h et 14h-18h30, le dimanche 14h-18h30.

Exposition du 16 mars au 17 juin 2007. Musée de l’hôtel Sandelin de Saint-Omer, 14 rue Carnot - 62500 Saint-Omer. Ouvert du mercredi au dimanche de 10h à 12h et de 14h à 18h, un jeudi par mois jusqu’à 20h, à l’occasion des “Jeudis soirs du musée”. Fermé les lundi, mardi et jours fériés.


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