Expositions à Paris
Emil Nolde (1867-1956)
Paris, Galeries nationales du Grand Palais (du 25 septembre 2008 au 19 janvier 2009)
Publié le mardi 30 septembre 2008
Emil Nolde (1867-1956) est considéré comme l’un des pères du mouvement expressionniste allemand. Il est avant tout un grand maître des couleurs, privilégiant leur force expressive à toute tentative d’imitation.

- Emil Nolde (1867-1956)
- Frère et Soeur, 1918. Stiftung Seebüll Ada und Emil Nolde Neukirchen, Allemagne © Nolde Stiftung-Seebüll
La réunion d’une centaine d’huiles sur toile (dont la présence exceptionnelle du polyptique La vie du Christ) et autant d’½uvres sur papier prêtées par de nombreuses institutions internationales est présentée selon un parcours chronologique découpé en sections thématiques (La montagne enchantée, Un pays, Années de combat, Bible et légendes, L’½uvre graphique, Nuits de Berlin, Welt, Heimat, Phantasien et « Images non peintes ».
D’abord sculpteur ornemaniste, Nolde vient tard à la peinture. Il se singularise par une peinture farouche et expérimente la puissance de sa palette dans la veine de Van Gogh. Il souhaitait ardemment que ses tableaux « élèvent et émeuvent, qu’ils produisent chez le spectateur un son plein de vie et d’humanité ».
Ayant temporairement appartenu au célèbre groupe de peintres Die Brücke (Kirchner, Peichstein, Heckel), il poursuit sa longue carrière d’artiste solitaire. D’une longévité plutôt rare pour l’époque - 89 ans - il traverse les deux guerres. La reconnaissance internationale ne tarde pas après-guerre et Nolde est consacré de son vivant comme l’un des artistes les plus importants de notre temps.

- Emil Nolde (1867-1956)
- Paradis perdu, 1921. Stiftung Seebüll Ada und Emil Nolde Neukirchen, Allemagne © Nolde Stiftung-Seebüll
L’être humain est au centre de ses préoccupations magistralement restitué dans les portraits, les maternités, les couples. Les paysages et les natures mortes sont autant de songes colorés.
Les sujets religieux traversent toute sa carrière et témoignent d’une spiritualité profonde et d’un souci d’éloignement des conventions de représentation pour une interprétation plus expressive et humaniste. Pour « créer une ½uvre d’art, il faut réévaluer la nature à la lumière de sa propre spiritualité ».
Nolde qui pensait incarner l’esprit allemand dans la peinture moderne, fut cependant fort maltraité lors de l’arrivée des nazis au pouvoir. Son adhésion au parti national socialiste en 1934 ne lui épargna pas d’être publiquement diffamé et de figurer parmi les artistes dégénérés de l’exposition de 1937. Il se voit interdire de peindre ou même d’acheter du matériel.
Il poursuit en cachette une série d’aquarelles « les images non peintes » qui constitue l’une des parties les plus originales et émouvantes de son ½uvre. Tous les motifs de son ½uvre passé resurgissent. Les formes non préméditées semblent suivre le flot de ses pensées mêlant « le conscient et le fortuit, l’intelligible et le sensible ». Emil Nolde est alors au paroxysme de son expérimentation chromatique libre, exprimant toute la richesse et la profondeur de son être intérieur.
Informations pratiques
Nocturnes exceptionnelles du 20 décembre 2008 au 18 janvier 2009 : les Vendredis, Samedis, Dimanches jusqu’à 22 heures.
Galeries nationales du Grand Palais, 3 avenue du Général Eisenhower - 75008 Paris. Entrée Clémenceau- Paris
Horaires : Ouvert tous les jours de 10 à 22h, sauf le jeudi jusqu’à 20h. Fermé le mardi. (fermeture des caisses :45 mn avant).
Accès Métro : lignes 1, 9 et 13 : stations Champs-Elysées-Clemenceau (lignes 1-13) ou Franklin-Roosevelt (lignes 1-9). Bus : lignes 28, 32, 42, 72, 73, 80, 83, 93.
Tarif : 10 ¤ / 8 ¤ (13-25 ans, famille nombreuse, demandeur d’emploi...)
Catalogue d’exposition : Emil Nolde, éditions RMN.
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