Expositions en France

De la scène au tableau. David, Füssli, Klimt, Moreau, Lautrec, Degas, Vuillard…

Exposition au Musée Cantini, Marseille (6 octobre 2009 – 3 janvier 2010)
Publié le mardi 17 novembre 2009





Près de 200 œuvres sont réunies au musée Cantini, peintures, dessins et maquettes de décors issus d’institutions et de collections prestigieuses du monde entier, mais aussi de France avec des chefs-d’oeuvre de Daumier, Degas, Toulouse-Lautrec ou Cabanel exceptionnellement prêtés par le Musée d’Orsay, et un très bel ensemble de tableaux de Gustave Moreau, proposé par le musée du même nom.

L’exposition propose un itinéraire chronologique et analyse les relations entre l’art et le théâtre, de la fin du XVIIIe au début du XXe siècle.

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Jean Léon Gérôme (1824-1904)
Sortie du bal masqué, 1857. Huile sur toile. St. Petersbourg © The State Hermitage Museum. Photo : Svetlana Suetova

Epoque néoclassique, avec les chefs-d’oeuvre de David et de Girodet. Après les Lumières puis la Révolution, le théâtre et la peinture ne doivent plus simplement récréer une époque mais édifier le public.

Epoque romantique, représentée par les drames historiques « mis en scène » par Delaroche, Delacroix ou Chassériau, avec la vogue des peintures d’inspiration shakespearienne. Au début du XVIIIe siècle, il n’existe encore aucun tableau dépeignant des scènes des œuvres de Shakespeare ; un siècle plus tard, des galeries entières lui sont consacrées, présentant notamment des tableaux de Füssli, qui toute sa vie reste fasciné par le dramaturge. Si au temps de David, les artistes évoquaient des événements passés, les romantiques, eux, jouent sur le plaisir de l’imagination chez le spectateur.

Révolution « réaliste » de Daumier et de Degas, par laquelle est aboli le point de vue central dans la représentation. Degas n’hésite pas à faire entrer l’orchestre et les spectateurs dans ses cadrages, en réduisant le spectacle à un simple prétexte décoratif. Avec lui, le cadre du tableau ignore définitivement le cadre de la scène et l’oeil peut circuler librement dans un espace sans hiérarchie.

L’importance de l’opéra est aussi abordée à travers le rapport entre peintres et musiciens : Méhul composant en 1806 son opéra Les Bardes en hommage à l’Ossian de Girodet, Hayez peignant les décors et les costumes du Macbeth de Verdi, jusqu’au séisme culturel que provoqua le drame lyrique wagnérien à l’aube du Symbolisme.

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Felix Vallotton (1865-1925)
La troisième galerie au théâtre du Châtelet, 1895. Huile sur bois, Paris, Musée d’Orsay © RMN (Musée d’Orsay) / © Hervé Lewandowski

Alors qu’au début du XIXe siècle les dispositifs scéniques deviennent très sophistiqués, accumulant les effets spectaculaires libérés des règles classiques, à la fin du siècle, la génération des artistes symbolistes, plus particulièrement les Nabis, participent au théâtre expérimental de leur temps, étudient les possibilités infinies d’une dérive abstraite de l’image, par la dématérialisation de la vision (Vuillard, Bonnard…). Elle va se poursuivre jusqu’aux recherches extrêmes d’Appia et Craig, les deux grands réformateurs du théâtre : avec eux, la grande saison des peintres associés à la scène se termine.

C’est aussi une autre histoire de la marche vers la dématérialisation de l’image, caractéristique propre de la modernité, qui est présentée à Marseille, à travers un ensemble exceptionnel d’oeuvres des plus grands maîtres de la fin du XVIIIe jusqu’au début du XXe siècle.

Informations pratiques
- Musée Cantini, 19 rue Grignan - 13006 Marseille
- Horaires : Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 17h / Ouvert le lundi pour les scolaires et les groupes de 10h à 17h.
- Visites publiques du mardi au dimanche : 11h30/12h30 ; 12h30/13h30 ; 13h30/14h30. Le vendredi : 14h30/15h30
- Tarification : 8 €, tarif réduit : 6 €.
- Catalogue d’exposition : De la scène au tableau, éditions Skira.

Commissariat Général : Guy Cogeval, conservateur général du patrimoine, président de l’Etablissement public du musée d’Orsay. Commissaires : Gabriella Belli, directeur du MART, Rovereto ; Katharine Lochnan, conservateur à l’AGO, Toronto ; Marie-Paule Vial, conservateur en chef du patrimoine, directeur des musées de Marseille ; avec la collaboration de Béatrice Avanzi, Dominique Laconte et Véronique Serrano. Comité scientifique : Sébastien Allard, Alberto Arbasino, Mathias Auclair, Ann Dumas, James Fowler, Paul Lang, Carlo Sisi.

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