A l’étranger

Balthus (100e anniversaire)

Suisse, Fondation Pierre Gianadda à Martigny (du 16 juin au 23 novembre 2008)
Publié le samedi 26 juillet 2008

L’exposition Balthus concentre les chefs-d’œuvre du peintre. Pour ce faire, musées et collectionneurs privés ont été sollicités, une cinquantaine de toiles ont ainsi été réunies, complétées par 70 œuvres sur papier, aquarelles, dessins au fusain ou au crayon, fragments de nappes griffonnés au stylo.

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Balthus (1908-2001)
es Beaux Jours. Huile sur toile, 1944-1946 © Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Smithsonian Institution, Washington DC, Gift of the Joseph H. Hirshhorn Foundation, 1966.

La rétrospective invite à une traversée de toutes les périodes et de tous les thèmes de Balthus : portraits, paysages, sans oublier les jeunes nymphes alanguies qui constituent l’ingrédient majeur du « mystère Balthus » (Thérèse rêvant, Jeune fille endormie, Les Beaux Jours).

Souvent à contre-courant et à l’écart des avant-gardes, Balthus développe dans son atelier parisien, un style unique et mystérieux, qui renoue avec la peinture du Quattrocento italien (en particulier Piero della Francesca) et prolonge la grande tradition française (Poussin, Ingres, Courbet). Comme Alberto Giacometti, dont il se rapproche et qui deviendra son meilleur ami, Balthus se méfie du Surréalisme pour se cramponner à la figuration et en explorer les arcanes compliqués, n’hésitant pas à se tourner vers la leçon alors décriée (jugée par trop conservatrice) d’André Derain.

L’exposition confronte les deux mythiques paysages urbains de Balthus, La Rue de 1933 (entrée du vivant de l’artiste au Museum of Modern Art de New York) et Le Passage du Commerce-Saint-André, réalisé vingt ans plus tard. Deux archétypes du spectacle de la ville, deux icônes de la rue qui, tout en décrivant sur un mode étrange le théâtre de la vie, inscrivent Balthus dans « la grande tradition de la peinture pour laquelle la toile est un espace géométrique à remplir » (Antonin Artaud).

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Balthus (1908-2001)
Le Chat de la Méditerranée. Huile sur toile, 1949. Collection privée. © Jacques Biolley

De Mitsou (1919) au Lever (1978) en passant par Thérèse rêvant, Le Salon II ou Les Poissons rouges, le chat habite l’univers de Balthus. Son animal fétiche. Affectant volontiers le mystère, l’ironie et la distance, Balthus se représente lui-même en Roi des chats (1935) et, dans une lettre de sa Correspondance amoureuse parfaitement contemporaine à l’exécution de ce célébrissime autoportrait, il déclare : « Vive les Chats ! et restons sur notre mur et regardons les hommes avec notre ironie méprisante et hautaine s’agiter comme des déments et mal se conduire. » Quelque quinze ans plus tard, le savoureux (et savourant) Chat de la Méditerranée est encore un autoportrait.

En 1933, La Toilette de Cathy est issue d’un projet d’illustration des Hauts de Hurlevent. Proche d’Antonin Artaud et de son « Théâtre de la cruauté » – Balthus réalise les décors et costumes de la fameuse représentation des Cenci –, son projet d’illustration reflète une profonde révolte intérieure et contient en germe tout un système esthétique : « Je veux, écrit Balthus, y mettre beaucoup, beaucoup de choses, de la tendresse, de la nostalgie enfantine, du rêve, de l’amour, de la mort, de la cruauté, du crime, de la violence, des cris de haine, des rugissements et des larmes ! Tout cela, tout ce qui est caché au fond de nous-mêmes, une image de tous les éléments essentiels de l’être humain dépouillé de sa croûte épaisse de lâche hypocrisie ! Un tableau synthétique de l’homme tel qu’il serait s’il savait encore être grand. »

Plusieurs anniversaires s’accrochent à cette exposition : le centenaire du peintre, le vingt-cinquième anniversaire de sa redécouverte lors de la grande rétrospective du Centre national d’art de culture Georges Pompidou en 1983, ou encore le trentième anniversaire de l’inauguration de la Fondation Pierre Gianadda le 19 novembre 1978.

Commissariat d’exposition : orchestrée par Jean Clair, conservateur général du patrimoine, membre de l’Académie française et Dominique Radrizzani.

Informations pratiques
- Fondation Pierre Gianadda. Rue du Forum 59 - 1920 Martigny (Suisse)
- Tél. n° : (+41) 27 722 39 78
- Horaires : Ouvert au public tous les jours de 9h à 19h.
- Catalogue d’exposition : Balthus - 100e anniversaire, éditions Gianadda.
- Balthus, catalogue de la rétrospective 2001-2002, édition Flammarion


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