Expositions à Paris

Alexandre Charpentier : naturalisme et art nouveau

PARIS. Musée d’Orsay du 22 janvier au 13 avril 2008
Publié le mardi 12 février 2008

Organisée en collaboration avec le Musée communal des Beaux-Arts d’Ixelles, l’exposition permet de découvrir l’œuvre méconnue d’Alexandre Charpentier (Paris 1856 – Neuilly-sur-Seine 1909). Moins célèbre que Gallé, Guimard et Gaudi, ou que les créateurs de l’École de Nancy, il a pourtant joué un rôle important dans l’émergence de l’Art Nouveau et l’avènement du design. L’exposition occupe les salles récemment rénovées du niveau médian du musée.

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A. Charpentier Pupitre à musique (1901)
Piètement et cadre en charme, pupitre en bois de tamo Paris, musée des Arts décoratifs © Paris, Photo Laurent Sully Jaulmes

La carrière d’Alexande Charpentier est brève : son premier succès date du Salon de 1883 (La Jeune Mère, marbre, Aix-en-Provence, musée Granet), mais il est véritablement lancé au début des années 1890. Son essor est favorisé par l’avocat belge Octave Maus et le dramaturge français André Antoine. Ce dernier fonde en 1887 le Théâtre Libre : Charpentier en dessinera les programmes et fera les portraits de ses acteurs et de ses auteurs comme Théodore de Banville ou Edmond de Goncourt.

En 1890, Octave Maus invite Charpentier à exposer à Bruxelles, dans son Salon d’avant-garde intitulé les XX. Voilà le jeune sculpteur reconnu comme un artiste novateur et inventif. Il expose avec ses amis néo-impressionnistes et anarchistes Pissarro, Signac, Luce, et Van Rysselberghe.

Mais c’est surtout le Salon dissident de la Société nationale des Beaux-Arts, fondé en 1890, qui scelle sa réputation. Dès 1891, une section d’arts décoratifs y est créée, où il peut déployer l’éventail de ses talents. Ce touche-à-tout explore tous les matériaux et utilise toutes les techniques : plâtre, marbre, bronze, or, argent, étain, grès cérame, lithographie, papier gaufré, cuir gaufré et bien sûr peinture et dessin. Il invente toutes sortes d’objets pour toutes sortes d’usages : des plaquettes purement décoratives ou d’applique sur des meubles, des éléments de serrure, des pendules, des couvertures de livres, des affiches, des partitions, des pots et pichets, des encriers et même une balayette à miettes ! Pour lui, tout est prétexte à décoration et à fantaisie. Il bouscule la hiérarchie entre les arts “majeurs” - la peinture et la sculpture - et les arts décoratifs, réputés “mineurs”. Chaque objet utile doit être beau et accessible à tous et un même motif peut être traduit de manières diverses, pour la plus grande joie du visiteur.

En 1896, il fonde le groupe de L’Art dans Tout : avec ses amis architectes, décorateurs, sculpteurs, il crée et expose des ensembles Art Nouveau. La plupart ont aujourd’hui disparu, mais la salle à manger commandée à Charpentier par le banquier Bénard à Champrosay a été remontée en 1986 au musée d’Orsay et l’extraordinaire salle de billard du baron Vitta à Evian est l’une des pièces majeures de l’exposition.

Alexandre Charpentier crée sa dernière oeuvre majeure en 1905 (La Famille Heureuse, disparue). Il meurt d’un cancer en 1909, à l’âge de 53 ans.


Parmi les prêts exceptionnels présentés dans l’exposition, on notera en particulier deux meubles à layette (Bruxelles, musées royaux des Beaux-Arts de Belgique et collection particulière), l’extraordinaire armoire de rangement pour instruments de quatuor à cordes, avec son pupitre (Paris, musée des Arts décoratifs), la fontaine-lavabo (Paris, musée du Petit Palais) et le billard du baron Vitta (collection particulière).

Commissaires : Emmanuelle Héran, conservateur au musée d’Orsay ; Marie-Madeleine Massé, chargée d’études documentaires au musée d’Orsay.

Scénographe : Véronique Dollfus, architecte DPLG

Informations pratiques
- Horaires : tous les jours, sauf le lundi, de 9h30 à 18h, le jeudi jusqu’à 21h45
- Tarification : droit d’entrée au musée : plein tarif : 8 € ; tarif réduit : 5,5 €
- Accès : entrée par le parvis, 1, rue de la Légion d’Honneur, 75007 Paris
- Catalogue : Alexandre Charpentier, Musée d’Orsay-Editions Nicolas Chaudun, 208 pages, prix : 40 €


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